En établissement recevant du public, un escalier n'est pas d'abord un ouvrage : c'est un dégagement. Il sert à évacuer. Toutes les autres exigences — accessibilité, garde-corps, finition — se posent après celle-là, et parfois contre elle.
C'est la raison pour laquelle il n'existe pas de « norme escalier ERP » unique que l'on pourrait recopier. Ce qui existe, c'est une chaîne de décisions dont chaque maillon change le résultat.
Trois données commandent tout le reste
Le type. Un ERP est classé par activité : magasin, restaurant, établissement d'enseignement, structure d'accueil pour personnes âgées, salle de spectacle. Le type détermine quelles règles particulières s'ajoutent aux règles générales.
La catégorie. Elle dépend de l'effectif reçu. Les établissements de 5ᵉ catégorie — les plus petits — ne relèvent pas des mêmes obligations que ceux de 1ʳᵉ à 4ᵉ. C'est le premier écart que l'on constate entre deux commerces qui se ressemblent.
L'effectif à évacuer. C'est lui qui pilote le nombre de dégagements et leur largeur. Un escalier se dimensionne sur le nombre de personnes qui devront l'emprunter en même temps, pas sur l'esthétique du hall.
Ces trois données figurent dans la notice de sécurité du bâtiment. Si elles ne sont pas connues au moment de la consultation, aucun chiffrage sérieux n'est possible — et c'est le point sur lequel nous revenons systématiquement avant de répondre.
Évacuation : la largeur ne se choisit pas
La largeur des dégagements s'exprime en unités de passage. Le nombre d'unités découle de l'effectif, et la largeur en découle à son tour. Un escalier trop étroit d'une unité n'est pas « un peu juste » : il fait basculer le bâtiment hors des règles.
Deux conséquences pratiques que les projets découvrent tard :
